April 24, 2014, Thursday, 113

Le Jardin d'enfants

De La Tour des Héros.

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Le Jardin d'enfants (House and Garden) est, selon l'ordre idéal, le 70e épisode de Batman : La Série animée.

Batman : La Série animée
Épisode
Titre français Le Jardin d'enfants
Titre original House and Garden [Maison et Jardin]
N° ordre idéal 70
N° de prod. 570
1re diff. USA FOX (lundi 2 mai 1994)
1re diff. francophone France 3 (dimanche 30 avril 1995)
Format image 4/3 (Full screen)
Durée ± 21 minutes
Scénario Paul Dini
Réalisation Boyd Kirkland
Musique Shirley Walker
Studio d'animation Dong Yang Animation, Inc.
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Le Tombeau de la Reine Le Trio infernal
Guide des épisodesForum

Sommaire

Histoire

Lorsque plusieurs hommes fortunés de Gotham sont empoisonnés et dévalisés, les soupçons de Batman se dirigent tout naturellement vers Ivy l'Empoisonneuse. Notre justicier découvre alors que la criminelle a été libérée de l'asile et mène à présent une vie de famille rangée avec le Dr Steven Carlyle - son ancien psychiatre – et ses deux fils. Bien que Pamela Isley semble repentante et comblée dans son rôle de femme au foyer, Batman n'est pas totalement convaincu et décide d'en savoir plus sur le mari de son ancienne ennemie.

Le jour suivant, alors que Dick Grayson commence à enquêter sur le docteur Carlyle à l'Université de Gotham, il est enlevé par une affreuse créature et Bruce Wayne ne tarde pas à recevoir une demande de rançon.

De retour à la villa des Carlyle, Batman ne trouve aucun élément neuf : tout porte à croire que Poison Ivy s'est effectivement amendée. Cette nuit-là, dans le port de Gotham, au lieu de rendez-vous fixé par le kidnappeur, Bruce Wayne est sauvagement attaqué par l'effroyable créature qui le laisse pour mort. Au moment où elle allait se débarrasser de Dick Grayson, Batman le sauve de justesse et met la créature en fuite.

Lorsque Dick lui apprend que le docteur Carlyle n'est le père que de deux filles, Batman comprend qu'il se passe quelque chose de louche chez Ivy. Là bas, nos héros découvrent effectivement une pièce secrète où est séquestré le véritable Steven Carlyle. La criminelle apparaît et leur apprend que toute sa "famille" est en réalité composée de clones issus des gènes du psychiatre. Les créatures à l'apparence humaine mènent une vie éphémère qui s'achève au stade de monstre végétal.

Batman réussit à mettre les créatures hors d'état de nuire, mais comprend aussitôt que celle qu'il croyait être Ivy n'était en réalité qu'un clone, et que la véritable Pamela s'est échappée…

Doublage

Distribution

Personnages Voix originales Voix françaises
Batman / Bruce Wayne Kevin Conroy Richard Darbois
Robin / Dick Grayson Loren Lester Georges Caudron
Commissaire James Gordon Bob Hastings Jean-Claude Sachot
Alfred Pennyworth Efrem Zimbalist Jr. Jacques Ciron
Saunders Jim Cummings Marc François
Chris Carlyle Scott McAfee Brigitte Berges
Cindy Megan Mullally Véronique Augereau
Le docteur Paul Nakauchi Bertrand Arnaud
Pamela Isley / Ivy l'Empoisonneuse Diane Pershing Brigitte Berges
Kelly Carlyle Christopher Pickering Véronique Augereau
Dr Steven Carlyle Peter Strauss Philippe Peythieu
L'homme-cactus Jim Cummings Marc François
Un policier * Philippe Peythieu

Crédits

Ci-dessous, les rôles tels que répertoriés dans le générique de fin original. Le générique de la version française ne crédite ni les comédiens français, ni les comédiens originaux.

Commentaires

Titres

  • Le titre original, House & Garden, fait référence au célèbre magazine américain du même nom. House & Garden est une institution, un magazine de "lifestyle" (créé en 1901 !) abordant l'architecture, la décoration intérieure, les loisirs et le jardinage. Un magazine incarnant surtout, pour beaucoup d'américains, le Rêve Américain : réussite sociale et matérielle. Certains se rappelleront d'ailleurs de l'épisode Homo Erectus de la série Sex and the City dans lequel Charlotte York, malgré un mariage qui bat de l'aile, tient avant tout à maintenir la séance photo pour le reportage que le magazine House & Garden veut consacrer à la décoration de son appartement et à sa famille. On comprendra donc que le choix de ce titre n'est pas anodin : Pamela Isley s'est pliée elle aussi au Rêve Américain en tentant de réunir la belle maison, le mari, les enfants bien élevés et le jardin propret. Mais cette réalité, si difficilement accessible, se révélera plutôt faillible…
  • Le titre français, lui, ne pouvait bien entendu pas faire référence à ce magazine quasi inconnu sur le vieux continent. Il a donc utilisé l'expression "Jardin d'enfants" qui fait poétiquement référence aux écoles maternelles… et bien entendu aux enfants que Pamela fait pousser comme des plants de tomates dans son jardin souterrain.
Écouter la musique de fond

Analyse

  • Le Jardin d'Enfants est un épisode mêlant mystère, enquête et horreur. Il a pour objet principal le personnage de Ivy l'Empoisonneuse, "ancienne criminelle" pour laquelle le spectateur éprouve de l'empathie. Habile, le scénario nous pousse en effet à nous ranger du côté de Pamela (du moins lors du premier visionnage de l'épisode). Celle-ci affiche sa volonté d'amendement, fait part de ses rêves et de ses désillusions (comme son métabolisme l'ayant rendue stérile).
  • Dans les commentaires audio disponibles sur le 3e coffret digipack, Bruce Timm fait remarquer que vouloir une famille et un mari complètement sous son contrôle correspond parfaitement au personnage de Poison Ivy, sans doute parce que la jeune femme, a plusieurs reprises, a déjà montré qu'il était hors de question pour elle d'être dépendante d'un homme (voir les épisodes Poison d'amour et Harley et Ivy).
  • Comme le dit Batman, Ivy a tout perdu à la fin de l'épisode. La jeune femme ne commettait les vols et les enlèvements que dans le but de maintenir son niveau de vie et de poursuivre son "rêve américain". Même si la manière d'atteindre son but était inacceptable, l'objectif garde quelque chose de noble puisqu'il a une résonance chez la plupart des spectateurs.
  • La dernière scène dans l'avion laisse entendre que cette supercherie de vie familiale est la seule période de la vie de Pamela a avoir été heureuse. Sur les deux mêmes pages de l'album, on voit tout d'abord Harvey Dent (une référence à l'épisode Poison d'amour) pour lequel Pamela a sans doute eu des sentiments réels malgré ce qu'elle lui a fait (si ce n'était pas le cas, pourquoi placer une telle photo dans cet album ?). Sur les mêmes pages, on trouve aussi des photos d'Harley, jeune femme avec qui Pamela a esquissé une histoire d'amour impossible vu la relation de dépendance et de totale subordination qu'Harleen Quinzel entretient avec le Joker.
  • On remarquera que la plupart des scènes dans lesquelles apparaissent Batman sont des scènes de jour, alors que celles où apparaissent Bruce Wayne (souvent les plus effrayantes) ont lieu la nuit.


Détails

Quelques détails sur l'épisode :

  • Pamela révèle son second prénom en donnant son nom de femme mariée : Lillian.
  • Les créateurs de l'épisode ont voulu conserver le doute sur les lèvres vénéneuses de Pamela, aussi embrasse-t-elle son mari sur la joue.
  • Bien qu'il n'ait pas participé au scénario ou à la réalisation, Bruce Timm révèle, dans les commentaires du 3e coffret digipack, qu'il a créé le design des mutants de Poison Ivy, ce qui n'est guère étonnant quand on connaît sa prédilection pour les monstres.
  • Batman apparaît sur une sorte de bat-jet-ski que l'on ne reverra dans aucun autre épisode.

Références culturelles

Diverses références culturelles :

  • Au début de l'épisode, dans l'appartement cambriolé par la créature, diverses œuvres d'art sont aperçues. On remarque une statue représentant sans doute le dieu Poséidon. On aperçoit aussi un tableau cachant un coffre-fort, tableau reprenant un détail du Guernica de Picasso.
  • Lorsque Bruce se rend sur les quais avec la rançon, il porte un costume bleu qui évoque The Spirit, héros de comics apparu en 1940 et évoluant dans des ambiances très proches de ces quais lugubres et inquiétants. La manière dont Bruce regarde sa montre évoque un autre héros, apparu, lui, dans les années 30 : Dick Tracy, qui dissimulait dans son bracelet une radio le reliant avec le central de la police.
  • La scène dans laquelle Bruce est attaqué dans sa propre voiture se veut volontairement proche de l'ambiance angoissante des films d'Alfred Hitchcock.

Citations

Bruce Wayne : Il me faudra faire confiance à mon instinct. Et d'ailleurs, à ce propos, il me dit que le conte de fée d'Ivy l'Empoisonneuse n'est pas aussi féerique qu'on pourrait le croire.


Pamela Isley : Regardez autour de vous, Batman. J'ai une jolie maison, un jardin convenable, et un mari et des enfants qui m'aiment. Serais-je assez folle pour gâcher tout ça ? Pour la première fois de ma triste existence, je suis heureuse, Batman !


Traduction

Quelques erreurs de traduction sont à noter :

  • En visite chez les Carlyle, Batman livre directement ses soupçons : « Nous avons affaire à une criminelle qui empoisonne de jeunes célibataires ». En anglais, il se contentait d'utiliser le mot « someone ».
  • Il est curieux de voir comme la VF a quelque peu inversé les choses dans le dialogue suivant. Lorsque Bruce Wayne arrive à l'université où Dick Grayson a été enlevé, il échange ces propos avec le commissaire James Gordon :

Bruce : Vous pensez qu'on l'a kidnappé lui pour m'atteindre moi ?
Gordon : Ça m'en a tout l'air. Jusqu'à présent les victimes étaient de jeunes célibataires aisés, mais cette fois, la seule chose que possède Dick, c'est vous.
Bruce : Moi et ma fortune.


Les deux dernières phrases n'ont pas beaucoup de sens, puisque Dick ne possède pas la fortune de Bruce. Il faut en fait regarder du côté de la VO pour comprendre :

Bruce : You mean they kidnapped him to get at me. [Vous voulez dire qu'ils l'ont kidnappé pour m'atteindre moi]
Gordon : It fits the pattern. Wealthy single men, all targets of robberies. Only, in your case, you have something more valuable to hold for ransom. [Cela collerait. De riches célibataires, tous cibles de vols. Cependant, dans votre cas, vous avez quelque chose de plus précieux à vous prendre pour obtenir une rançon]
Bruce : My ward… [Mon pupille…]


  • En VF, lorsque Batman observe Pamela Isley et sa famille, de loin, avec des jumelles, la voix de la jeune femme est claire et distincte comme si les jumelles amplifiaient également le son. En VO, en toute logique, la voix de Pamela est lointaine et difficilement audible.
  • Sur le marché, Pamela achète des fruits de couleur brune que la VO appelle « squash », soit des "courges". En VF, Batman parle d'aubergines (vu la couleur, il n'y a aucune chance). L'aubergine ne fait d'ailleurs pas partie de la famille des courges mais des solanacées (comme la tomate ou le poivron).
  • En VO, Batman fait remarquer que Pamela a rendu une vidéo dans un club et a payé une amende de retard. En français, il n'est plus fait mention de l'amende. Cela pourrait sembler superflu, mais cette petite phrase souligne en fait le "dépit" de Batman qui espère coincer la jeune femme au premier faux pas et qui, tout compte fait, ne lui trouve qu'un minuscule écart de conduite d'une banalité affligeante.
  • Lorsque Batman découvre les bébés-plantes cultivés par Pamela, il parle, en VF, de « monstres » alors que les enfants ont encore un aspect quasi humain et inoffensif. En VO, il parle de « mutations ».
  • Poison Ivy parle des clones végétaux en disant : « Ce sont mes enfants », alors qu'en VO, elle implique Steven Carlyle (« our children »), ce qui traduit bien la représentation de son idéal familial.

Médias (DVD, VHS et CD)

Cet épisode se retrouve sur :

: ce drapeau indique que le média comporte une piste audio VF.

Diffusions

Quelques diffusions et rediffusions que nous avons pu relever sur les chaînes francophones :

Voir aussi

Sources et autres liens recommandés :