February 23, 2020, Sunday, 53

Pris en chasse

De La Tour des Héros.

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Pris en chasse (Hunted) est, selon l'ordre idéal, le premier épisode de la série Prenez garde à Batman. Cet épisode marque les premières apparitions, dans la série, de Batman, Simon Stagg, du Professeur Pyg, de Monsieur Crapaud, d'Alfred Pennyworth, de Madison Randall, Tatsu Yamashiro et du Lieutenant Gordon.

Prenez garde à Batman
Épisode
Titre français Pris en chasse
Titre original Hunted [Chassé]
N° ordre idéal 1
Saison 1e
N° de prod. 101
1re diff. VO Cartoon Network US (13 juillet 2013)
1re diff. francophone Télétoon (10 janvier 2014)
Durée ± 21 minutes
Scénario Mitch Watson
Réalisation Sam Liu
Musique Frederik Wiedmann
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/ Secrets
Guide des épisodesForum

Sommaire

Histoire

Alors que Bruce Wayne doit composer avec l'œil inquisiteur de son majordome Alfred sur sa manière de mener sa double vie du justicier masqué Batman, protecteur nocturne de Gotham City, le milliardaire Simon Stagg se fait enlever par le Professeur Pyg et son assistant Monsieur Crapaud, étrange binôme épousant la défense et les attraits des animaux. Bien qu'ayant déterminé par l'analyse de leur message vidéo de revendications leur deuxième victime, l'industriel Michael Holt, le Chevalier Noir échoue à leur soustraire ce dernier. La situation se complique quand Alfred est kidnappé par les deux détraqués qui visaient son maître, impliqué malgré lui avec les deux autres hommes d'affaires dans l'achat d'un habitat naturel pour y forer du pétrole, ayant eu pour conséquence d'en dépeupler la faune.

Le sort peu enviable réservé aux trois prisonniers est d'être traqués comme du gibier par leurs kidnappeurs. Enchaînés les uns aux autres, cernés par les pièges et d'autant plus désavantagés par la mauvaise grâce de Stagg, ceux-ci ne doivent leur survie qu'à l'ingéniosité d'Alfred, ancien agent du MI-6. Ce dernier ayant bien mené son enquête, Batman remonte jusqu'à la cachette des bandits, la plate-forme pétrolière défigurant le marais de Keystone.

Attention, spoiler ! Ce qui suit dévoile des éléments importants de l'intrigue.

L'arrivée du Chevalier Noir donne l'opportunité aux trois hommes de recouvrer la liberté mais un lâcher de bombes de Crapaud durant le duel à trois bêtes humaines, cause la destruction du bâtiment lui permettant de couvrir sa fuite et celle de son maître.

Alors que le lieutenant de police Gordon reste évasif sur l'implication de Batman dans la libération des trois prisonniers et que le parc naturel de Keystone est rendu à la ville, Alfred, qui a brisé sa cheville dans l'affaire, reconnaît ne plus être à même d'assurer la protection de son maître auquel il présente donc son nouveau chauffeur et garde du corps, la jeune Tatsu Yamashiro.

Doublage

Distribution

Personnages Voix originales Voix françaises
Batman / Bruce Wayne Anthony Ruivivar Adrien Antoine
Simon Stagg Jeff Bennett Bernard Metraux
Alfred Pennyworth JB Blanc Pierre Dourlens
Professeur Pyg Brian George Thierry Murzeau
Monsieur Crapaud Udo Kier Marc Perez
Tatsu Yamashiro Sumalee Montano Laurence Dourlens
Lieutenant Gordon Kurtwood Smith Jean-Claude Sachot
Michael Holt Gary Anthony Williams Jean-François Vlérick
Voleur #1 Jeff Bennett Jean-François Vlérick
Voleur #2 JB Blanc Bernard Metraux
Madison Randall Sumalee Montano Chantal Baroin
Batordinateur JB Blanc Pierre Dourlens

Crédits

Ci-dessous, les rôles tels que répertoriés dans le générique de fin de la version française.

Remarques

Commentaires

Titres

Le titre est traduit fidèlement mais l'adaptation française s'éloigne de l'original en le composant de plusieurs mots au lieu d'un seul, règle établie sur l'ensemble de la série.

Analyse

Cette nouvelle série consacrée au Chevalier Noir se fixe dès le début de sortir des sentiers battus, pari qui paraît difficile à tenir compte tenu de l'audace dont faisait preuve son très atypique prédécesseur Batman : L'Alliance des Héros, tout en voulant revenir à une vision nettement plus traditionnelle que cette dernière. L'optique choisie se voudra plus proche de Green Lantern TAS, outre l'utilisation de la 3D, par son aspect évolutif maintenu par une forte continuité. Beaucoup de bases doivent donc être posées pour ce premier épisode.

  • La première scène, qui se paye le luxe de citer le titre de la série, donne le ton sur cette version de Batman : un esprit d'analyse acéré qui utilise la peur et la manipulation mais aussi physiquement vulnérable, plus sans doute que les itérations précédentes. L'épisode met plus tard l'accent sur son indifférence certaine quant à Bruce Wayne, pour le coup s'apparentant à de la négligence, ainsi que sur ses talents de détective, qui seront fréquemment exploités.
  • La série suit une volonté d'utiliser des vilains méconnus. Si le Professeur Pyg est devenu un incontournable des comics récents, le choix de Monsieur Crapaud, qui y fut rapidement et sommairement abattu, a de quoi surprendre. Moins malsains que leurs avatars originaux, invoquant le folklore des gentlemen anglais de l'ère victorienne contrastant leur difformité, agrémentés même d'une cause a priori noble et d'une complicité mutuelle étonnante, ils n'en apparaissent pas moins comme passablement dérangés, leur air de bonhomie plus proche en vérité de l'humour noir ne faisant qu'ajouter au malaise, le champ lexical médical associé au professeur convoquant même une certaine violence. Leur thème débridé se détache à ce titre aisément de la partition musicale plutôt sage de Frederik Wiedmann. Ceux-ci sont toutefois relégués au second plan voire un peu survolés dans une intrigue somme toute rebattue de chasse à l'homme qui renverse toutefois le cliché du méchant braconnier, ce pilote comme d'autres avant lui, préférant se concentrer en premier lieu sur son héros, réservant les menaces de grande ampleur pour plus tard.
  • Autre surprise, influence possible des séries récentes, celle de convoquer des figures étrangères au Batuniverse, à savoir Simon Stagg, beau-père en devenir et adversaire plus ou moins déclaré de Metamorpho (lui-même appelé à apparaître en vedette dans l'épisode Toxique), ici écœurant d'égoïsme et Michael Holt, second avatar du super-héros Mister Terrific, nettement plus sympathique. Tous deux avaient on s'en souvient, connu les droits d'une première adaptation animée dans La Ligue des Justiciers.
  • Le point le plus sujet à digression reste cette adaptation du fidèle Alfred, très en rupture avec ce qui a pu être fait précédemment, sans pour autant se départir d'un certain flegme britannique. Dépeint ici comme un dur à cuire ayant encore de beaux restes au passé d'agent secret particulièrement mis à contribution, il se veut plus actif et impliqué dans le combat de Batman dont il se veut l'exigeant entraîneur aux airs de sergent instructeur, nous décontenançant d'emblée dans le rôle de l'agresseur de Bruce. Certaines craintes furent toutefois désamorcées lorsque suite à des images promotionnelles trompeuses, d'aucuns s'attendirent à le voir en équipier de terrain, les auteurs étant eux-mêmes bien conscients que le majordome de Wayne ne pourrait être vu en compagnie du Chevalier Noir sans que ne se posent fatalement des questions. À peine a-t-on le temps d'intégrer ce nouveau statu quo pour le moins déconcertant que le personnage, sentant l'âge le rattraper, y renonce de lui-même. Dans cette volonté d'inédit, le flambeau est transmis en fin d'épisode à Tatsu Yamashiro, personnage encore seulement esquissé sur lequel nous nous attarderons plus tard.
  • Notons la présence d'une technologie rétro-futuriste, entre pistolets laser (voulus sans doute par le comité de censure) et ordinateur à l'écran digital au clavier de machine à écrire.
  • Une continuité se met déjà en place quand est fait mention de l'intrigant Club Argus, qui refera parler de lui.
  • La série amorce également les rapports conflictuels qu'entretient le croisé masqué avec la police par le biais de la brève apparition d'une autre figure familière, James Gordon, pas encore commissaire et mâtiné d'hostilité, promis à revenir.

En somme, un épisode qui remplit son cahier des charges d'introduction, qu'on pourra trouver prometteur mais auquel on pourrait reprocher un certain manque de punch, les choses commençant plutôt en douceur.

Incohérences ou Éléments inexpliqués

Quelques étrangetés :

  • Les rues apparaissent étonnamment vides, particulièrement au moment de la course poursuite, qu'aucun autre véhicule ne vient perturber, un problème voué à s'estomper progressivement.
  • Il est en vérité bien imprudent que la ligne privée d'Alfred vers Batman soit au nom de Bruce, manquant d'ailleurs de démasquer ce dernier.

Références culturelles

Quelques références à noter :

  • On ne présente plus le peintre hollandais Vincent van Gogh (1853-1890) dont on peut interpréter la présence d'une de ses toiles dans la collection de Bruce comme ayant tout à fait sa place dans son étude de la folie.
  • The Wind in the Willows, habituellement traduit chez nous sous le titre Le Vent dans les saules, est un monument de la littérature enfantine anglaise. Écrit en 1908 par Kenneth Grahame, il met en scène entre autres animaux anthropomorphiques le truculent Mr Crapaud, conducteur d'automobiles aussi passionné qu'imprudent. Le bandit qui s'en inspire s'acquitte ici de sa fonction de chauffeur de vieux tacot avec bien plus de succès.
  • Pour des raisons qu'il nous reste à éclaircir, il est fait mention de la comptine Little Jack Horner, mettant en scène un bon garçon autoproclamé se servant chichement dans une tourte. Une explication répandue est effectivement une allusion à Thomas Horner, intendant du dernier abbé de Glastonbury, dont les terres furent confisquées par Henri VIII.
  • Le marais de Keystone pourrait avoir été inspiré par Keystone City, ville qui a vu les exploits des différents héros portant le costume de Flash.

Citations

Voleur #2 : Alors comment on dit déjà ? Ah oui, « prenez garde à Batman » ! C'est drôle mais moi, je ne vois aucune raison de prendre garde.


Alfred Pennyworth : Mon travail consiste à vous protéger et je ne peux pas le faire si vous ne jouez pas le jeu. Vous n'êtes pas seul dans cette affaire !
Bruce Wayne : Nous avons déjà eu cette conversation. Votre travail consiste à protéger Bruce Wayne, pas Batman !
Alfred : Ne sont-ils pas une seule et même personne ?
Bruce : Non !


Monsieur Crapaud : Patron… C'est lui, c'est Bat-machin !
Professeur Pyg : On dit Batman, Crapaud ! N'oubliez pas : nous respectons toujours nos ennemis.


Simon Stagg : Attendez une seconde : vous êtes qui exactement, vous ?
Alfred : Ils n'ont pas fait les présentations ? Je suis le majordome.


Alfred : Arrêtez ! Je me suis cassé la cheville.
Pyg : J'ai peut-être de quoi vous faire une attelle, mon cher. Ah non, désolé, je n'ai pas ça sur moi ! J'ai comme l'impression que je vais être obligé de vous couper la jambe.


Alfred : Comprenez-moi bien Bruce : vos blessures vont cicatriser en quelques jours alors que pour ma cheville, cela va prendre des mois. Tôt ou tard viendra l'heure où je ne serai plus à vos côtés. Je dois être sûr que vous serez toujours protégé quand je ne serai plus là.


Traduction

Quelques notes sur la VF :

  • Quand Batman fait remarquer au malfrat qu'il ne lui reste plus que deux balles (là où il eut été plus juste de suivre la VO en parlant de tirs), il le provoque ainsi « Alors vise bien » là où l'original disait « Make a count » (fais le compte).
  • Bruce dit à Alfred « je ne risquerai rien », ce qui est un contresens, Wayne ne se souciant en fait pas de sa sécurité propre mais de celle de son majordome comme en atteste la réplique originale « I know you're safe » (je sais que vous êtes en sécurité).
  • Pour faciliter la traduction, Bruce lit à voix haute le gros titre du journal là où la VO lui fait simplement s'exclamer un « What's this? » d’étonnement.
  • « Billionaire » est traduit à tort par « millionnaire » au lieu de milliardaire.
  • Le poème de Pyg subit plusieurs modifications pour coller à la rime : ainsi pour rimer avec Simon Stagg, « sure likes to brag » (pour sûr aime fanfaronner) devient « qui ne goûte pas notre blague ». « Not the last with stolen keys to the past » (pas le dernier avec des clés volées vers le passé) est remplacé par « pas le seul à avoir fait indûment fortune sur le dos des humbles », qui se voit d'ailleurs rimer avec « jungle » de la strophe suivante.
  • The Wind in the Willows est ici traduit par La Mare aux grenouilles, qui est le titre français de l'adaptation animée de Disney, le roman (et non pas un conte comme le dit la VF) étant habituellement connu chez nous sous sa traduction littérale Le Vent dans les saules.
  • La VF fait intimer Batman à Alfred « Repassez la vidéo » alors qu'on voit pourtant le croisé masqué effectuer lui-même cette opération.
  • Le terme « peeper » dont Pyg affuble Bruce se voit traduit par « cachottier » alors que ce mot désigne un voyeur. Le contexte fait toutefois éviter le contresens total.
  • L'adaptation fait se fendre Stagg d'un « Il va se débrouiller », paroles rassurantes adressées à Holt sur le sort d'Alfred, là où la version originale le faisait se contenter d'un expéditif « Let's go » sans affecter quelque scrupule de façade.
  • Alfred dit en français « La douleur n'est pas très intense », ce qui est une mauvaise compréhension du sens original « Pain is not important », qui laissait clairement comprendre que la dite douleur était une préoccupation moindre.

Médias (DVD)

Cet épisode figure sur :

: ce drapeau indique que le média comporte une piste audio VF.

Diffusions

Quelques diffusions et rediffusions que nous avons pu relever sur les chaînes francophones :

  • Télétoon : vendredi 10 janvier 2014, 20h30
  • France 4 :
    • samedi 5 juillet 2014, 20h45
    • samedi 12 juillet 2014, 21h50
    • samedi 4 juillet 2015, 20h05

Références

Sources images et infos :