November 20, 2019, Wednesday, 323

Interview Alan Burnett (juillet 2007)

De La Tour des Héros.

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Interviewé : Alan Burnett

Activités : Scénariste sur Super Friends, Batman TAS, Batman contre le Fantôme Masqué, Freakazoid, Superman TAS, Batman : La Relève… et producteur sur Static Choc, Le Projet Zeta, The Batman, Krypto le Superchien

Sujets : Son rôle dans la série The Batman dont la saison 5, Super Friends, Krypto le Superchien

Interview originale : World's Finest, en juillet 2007.


The World's Finest : Pourriez-vous nous décrire en détails votre rôle sur le série The Batman ?

Alan Burnett : Pour cette nouvelle saison, je suis producteur exécutif au côté de Michael Goguen et je suis aussi coordinateur des histoires (story editor). Je supervise tout d'abord les scripts et assiste aux enregistrements. Par la suite, Michael et les différents réalisateurs produisent de gargantuesques story-boards. Une fois terminé, je les annote quelque peu (pas trop, car généralement ils sont déjà excellents). Après cette étape, je suis également impliqué dans la post-production avec l'enregistrement des dialogues additionnels. Par ailleurs, je travaille en même temps sur la pré-production d'une autre série.


WF : La série a introduit un Batman en constante évolution, d'abord solitaire, puis en duo, puis en trio. À présent, le personnage semble s'impliquer dans la JLA. Comment décririez-vous cette nouvelle version de Batman au début de la 5e saison ?
Alan Burnett : La cinquième saison est celle des "super-collaborations". Presque tous les personnages de la Ligue rencontrés à la fin de la saison 4 apparaîtront dans la 5e. S'ajoute aussi à la liste Superman qui lui n'a pas encore été mis en scène jusqu'ici.


WF : Comment la série The Batman va-t-elle traiter le personnage de Superman ? Doit-on s'attendre à une approche traditionnelle comme celle vue dans Superman TAS (une autre série sur laquelle vous avez travaillé), ou doit-on se préparer à quelque chose de totalement nouveau ?

Alan Burnett : Nous avons fait de Superman un personnage légèrement moins amical, un extraterrestre plus impénétrable, particulièrement vis-à-vis de Batman. Dans notre histoire, Batman a déjà rejoint la Ligue mais Superman par contre n'a pas encore montré le moindre intérêt envers celle-ci. Nous avons aussi souhaité revenir au Clark Kent délicieusement empoté comme l'interprétait Christopher Reeve. C'est ma version préférée de Clark. Superman veut tellement faire partie de l'humanité qu'il agit parfois idiotement. C'est d'ailleurs probablement la façon dont il nous perçoit : une bande d'idiots. Vous savez, aussi tragique soit le premier acte de l'histoire de Superman — la destruction de Krypton — autant le second acte n'est que comédie.


WF : Vous avez travaillé sur différents projets de registres très différents, de Krypto le Superchien au Projet Zeta. En quoi le fait d'avoir travaillé sur des productions aussi diverses — et l'expérience qui en découle — vous aide-t-il dans l'approche d'un nouveau projet ?
Alan Burnett : C'est une bonne question. Tout ce que vous faites vous apprend quelque chose à utiliser par la suite. Mais les auteurs ont besoin sans cesse d'essayer de nouvelles choses. C'est en tout cas ainsi que je le ressens. Après Batman : La Relève, je voulais absolument sortir de la Batcave. Heureusement, chez Warner Bros., il y a toujours une large variété de séries en développement. Ainsi, j'ai eu la chance de faire de la comédie avec Ozzy & Drix, du super-héros plus juvénile avec Static Choc, et même une série pour les plus jeunes avec Krypto le Superchien et les enfants en bas âge avec Firehouse Tales. Je suis sûr que si Warner développe une série pour les enfant in utero, je pourrais être de la partie. Sérieusement, j'essaie à présent de développer une série touchant plutôt les fillettes. J'ai deux filles. Elles apprécient mes blagues.


WF : De nombreux fans vous connaissent pour vos nombreuses collaborations depuis Batman TAS. Cependant, peut savent que vous avez travaillé aussi sur plusieurs saisons de Super Friends. Pourriez-vous décrire votre rôle sur cette série et nous expliquer combien les méthodes de travail ont changé depuis dans le monde de l'animation ?

Alan Burnett : J'ai supervisé les histoires des deux dernières saisons de Super Friends, lorsque la série s'appelait Galactic Guardians ou quelque chose dans le genre. Chaque saison avait un titre différent, en accord avec la ligne de jouets correspondante. Nous avons essayé d'introduire plus l'esprit DC dans ces deux saisons, ajoutant un peu plus de menace dans chaque épisode, mais les standards de l'époque nécessitaient un lot de bons sentiments, ABC désirant programmer la série assez tôt dans les grilles, lorsque les touts petits sont devant l'écran. Pour les commentaires du DVD, j'ai récemment revu la première saison à laquelle j'ai participé et j'ai trouvé que c'était presque impossible à regarder. Par rapport aux standards d'aujourd'hui, cette série semble s'adresser aux tout-petits, et la pellicule sur laquelle les épisodes ont été réalisés aurait pu être de meilleur qualité. Mais les gens ont beaucoup d'affections pour cette série. J'ai même vu des adolescents venir vers moi lors de conventions, me disant combien ils appréciaient tel ou tel épisode issu de la seconde saison à laquelle j'ai participé.


WF : Peut-on espérer quelque clin d'œil à Super Friends dans la 5e saison de The Batman ?
Alan Burnett : Non. Pas de Hall of Justice. Pas de Wonder Twins. Et pas de singe !

WF : Nous avons évoqué tout à l'heure Batman : The Animated Series. Cette année marque le 15e anniversaire de la série. Avez-vous des commentaires sur la durée du succès de celle-ci et sur le fait que les fans pensent qu'il s'agit toujours de la meilleure adaptation de comics en série animée ? Avez-vous des souvenirs que vous aimeriez partager ?
Alan Burnett : C'était un show si merveilleusement stylisé que c'est comme regarder un tableau prenant vie sur du velours noir. L'ambiance film noir, le côté pulp, la musique de Shirley Walker, ces moments tranquilles dans lesquels on n'entend que les bruits familiers d'une pièce ; tout cela contribue à vous happer dans le monde de la série. La "tranquillité" de cette série est d'ailleurs un élément qui n'a jamais été repris dans aucune autre production animée américaine mettant en scène des super-héros. J'étais vraiment heureux de prendre part à cette série et de devoir travailler avec Eric Radomski et Bruce Timm. Ce sont leurs premiers essais sur Batman qui m'ont amené à travailler chez Warner Bros. C'est leur talent artistique qui fait que la série est aujourd'hui encore si appréciable à regarder.


WF : Y a-t-il un épisode de Batman TAS, Superman TAS, Batman : La Relève, ou d'une autre série tout aussi importante, dont vous êtes particulièrement fier ? Maintenant que tous ces épisodes sont disponibles en DVD, quels sont ceux que vous recommanderiez particulièrement ?

Alan Burnett : Je pense que le point culminant est le triple épisode World's Finest (Nec Plus Ultra). C'était une histoire difficile à structurer et je suis très fier du résultat. Mais mon écriture sur cette série est plutôt imperceptible. Les fans de Batman TAS et Superman TAS ne peuvent pas facilement identifier ma patte car mon travail est confiné à la réécriture, et mon nom apparaît toujours comme co-auteur, le plus souvent au côté de Paul Dini qui est tout simplement le meilleur. En fait, mon premier épisode écrit en solo chez Warner ne vient pas avant la moitié de Batman : La Relève avec l'épisode Mindgames (Télépathie). Et encore, je n'ai écrit cet épisode seul que parce que notre production était en crise et parce que cette histoire était déjà structurée dans ma tête. J'aime établir des histoires et écrire à plusieurs. Écrire est souvent ennuyeux et solitaire, mais être dans une pièce avec des gens comme Paul Dini, Stan Berkowitz, Bob Goodman et bien d'autres, discutant de l'histoire, c'est très exaltant pour moi.

Par ailleurs, l'une des principales raisons pour lesquelles j'ai écrit Torment — le comic en six épisodes de la série Superman/Batman — c'était pour pouvoir dire aux fans : ça c'est moi, pur et inaltéré. Cela m'a aussi offert l'opportunité de dire quelque chose sur Batman que je n'avais jamais pu exprimer à la télévision.


WF : Revenons-en à The Batman. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous impliquer dans cette cinquième (et probablement) dernière saison? Quelle trace espérez-vous laisser sur cette série ?

Alan Burnett : La chaine souhaitait déplacer Michael Jelenic, le responsable des scénarios de la 4e saison, sur La Légende des Super-Héros. Ainsi, lorsqu'il a été annoncé que The Batman aurait une nouvelle saison, la tâche m'est revenue. J'avais travaillé comme producteur exécutif avec Michael durant son "règne" sur The Batman, j'étais donc très excité à l'idée de poursuivre l'évolution de la série. S'il y a des traces que j'aimerais laisser, ce serait dans la continuité de l'excellent travail de Michael. J'aimerai être capable de vous raconter l'incroyable travail que nous sommes en train de faire sur cette saison, mais vous devrez attendre cet hommage à la testostérone qu'est le Comic Con de San Diego pour en savoir plus.


WF : Pour terminer, mis à part The Batman, y a-t-il d'autres projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Alan Burnett : Rien dont je puisse parler maintenant. Vous connaissez Warner Bros. C'est un peu la CIA, en plus drôle.

Références

Sources images et infos :

  • La Tour des Héros
  • Cet article a été initialement écrit par Superman en juillet 2007 et publié sur LTDH Classique où il a été vu 1421 fois. Depuis son transfert sur le Wiki LTDH, cet article a pu être modifié par différents rédacteurs (voir ci-dessous l'Historique de la page).